Quelle saturation du marché?

On l’entend de plus en plus. Le nombre de microbrasseries au Québec augmente. Le nombre de nouveaux produits en vente sur le marché fait peur aux détaillants spécialisés qui ne savent plus où donner de la tête pour trouver de l’espace sur les tablettes. La logique est la suivante : le nombre de produits augmente à un niveau qui dépasse le nombre de consommateurs pour les acheter. Et naturellement, si un produit reste longtemps sur les tablettes, le détaillant ne risque pas de racheter de ce produit, mettant potentiellement une brasserie dans le trouble.

Elle est là, la question. Est-ce que le nombre de microbrasseries, qui augmente à plus d’une par deux semaines par les temps qui courent, est insoutenable pour le nombre de consommateurs? Certains en semblent convaincus. Les détaillants spécialisés sont en première ligne des dommages, alors que ceux-ci doivent vendre les multiples nouvelles bouteilles qui arrivent en succursale à chaque semaine, tout en s’assurant d’avoir les classiques des brasseries déjà connues du public. Cet exercice s’avère pour plusieurs très difficile, et frustrant pour les consommateurs.

Le fait demeure, la part de marché des microbrasseries québécoises demeure somme toute faible, à un poil moins de 10% de l’ensemble de la bière achetée au Québec. Ce 10% est faible en comparaison aux États-Unis, ou les brasseurs artisanaux atteignent des parts de marché de plus de 12%. Sachant que les québécois suivent souvent la tendance de nos voisins du sud, il ne me fait aucun doute que cet écart va se combler dans les années qui suivent. 2% de parts de marché, dans le monde de la bière, c’est énormément d’argent.

Faisons un calcul rapide : en 2015, il se vendait pour 8,7 milliards de dollars en bière à travers le pays. Prenons pour acquis que les québécois achètent moins de bières que leurs compatriotes canadiens (ce qui n’est pas le cas, les québécois en achètent plus), et divisons le 8,7 milliards en 4, pour trouver la part de la population québécoise, ce qui nous donne 2.2 milliards CAD. En le divisant par 100, pour arriver à 22 millions de dollars, on atteint un point de pourcentage, ce qui veut dire que le potentiel évident, lorsque l’on multiplie ce chiffre par deux, c’est que les microbrasseries peuvent aller chercher 44 millions de dollars de plus en parts de marché, en utilisant des chiffres conservateurs.  Et c’est sans compter ce qu’ils ont déjà. Un banquier voit ce potentiel de croissance du marché, et n’a pas beaucoup de misère à accorder un prêt pour qu’une nouvelle brasserie achète de l’équipement de brassage. C’est pour ça qu’on assiste présentement à une explosion du nombre de nouvelles brasseries.

En vérité, la seule saturation qu’il y a, c’est la saturation de l’espace en tablettes des détaillants spécialisés. Le nombre de ces magasins spécialisés augmente à un rythme tel que ces derniers ont créés un regroupement pour essayer de se démarquer de la masse. Les épiceries ont également compris l’occasion qui se présente alors que de plus en plus d’entres elles donnent une grande place aux microbrasseries dans le rayon des bières.

Mais le marché ne se résume pas qu’au consommateur régulier, qui va acheter sa bière en magasin. Les brasseries essaient aujourd’hui de diversifier leur clientèle pour avoir un aspect différenciateur. On en voit de plus en plus d’exemples alors qu’à Québec, une nouvelle brasserie, Brasseurs sur Demande, base son modèle d’affaire sur la création de bières uniques pour les entreprises ou événements désirant avoir des bières à leur effigie. De plus en plus de festivals, comme celui des Traditions du Monde à Sherbrooke, se font brasser une bière officielle par des brasseurs québécois.

Bref, non, il n’y a pas (encore) de saturation du marché au Québec. On est loin de trouver des bières de micro dans tous les bars et restaurants de la province, comme c’est le cas au Vermont. Et c’est correct ainsi. Parce que tant que ce n’est pas le cas, cela veut dire qu’il y a encore place à la croissance.

Crédit photo : Chagall Design

La gose : de style oublié à saveur de l’été

L’histoire de la bière ma fascine. Nous avons la chance, à l’heure actuelle de vivre une véritable renaissance de la culture brassicole. Le style allemand des gose est sans doute l’un des meilleurs exemples de cette renaissance. Brassé depuis les années 1500 dans la région environnante de Goslar, en Allemagne, le style est si populaire à l’époque qu’on l’exempt de la Reinheitsgebot, la loi de la pureté allemande, pour sa particularité régionale. Si populaire à Leipzig dans les années 1800, on lui consacre à elle seule des bars entiers. Signe des temps, elle sera au bord de l’extinction après la Seconde Guerre mondiale.

La gose classique se caractérise par quelques traits distincts : Une couleur blonde, pâle et claire, un taux d’alcool modéré, généralement entre 3 et 5% d’alcool, une certaine acidité qui n’est pas sans rappeler sa cousine allemande – la berliner weisse – ainsi qu’un goût salin, donné par les caractéristiques minérales de l’eau locale des brasseries, ou par l’ajout important de sel ou de coriandre par les brasseurs. La touche d’acidité ajoutée à un taux d’alcool plus bas que la moyenne donne à cette bière les caractéristiques rêvées pour être une bière d’été. Plusieurs brasseries nord-américaines ont sauté sur cette opportunité. Revenue à la mode depuis les années 1990 par le mouvement des microbrasseries nord-américaines, on voit de plus en plus d’exemple être brassés au Québec. Un grand amateur moi-même, je m’en voudrait de ne pas vous parler, pour aider à combattre la chaleur de l’été!

De bons exemples de Gose au Québec

Loup Rouge – Zusammenarbeit

Zusammenarbeit #louprouge #microbrasserie #bière #gose #Sorel #fandchienne

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Créée en collaboration avec le Bobcat café, à Bristol, au Vermont, cette Zusammenarbeit veut justement dire collaboration en allemand. Loup Rouge s’est démarquer avec la volonté, comme brasserie, de présenter des bières authentiques aux styles auxquelles elles s’identifient. Leur gose est réellement dans cette mouvance, ne présentant pas vraiment de particularités autres que celles décrites plus haut. L’exécution dans cette bière est ce qui fait la différence, avec une bonne acidité bien équilibrée avec l’aspect salin qui est également présent. Parfaite pour initier des profanes au style.

Trou du Diable – Willow Gose

Embouteillée pour la première fois cette année, ce nouvel opus de Trou du Diable est réellement fait pour les journées chaudes de l’été. Tout est léger dans cette gose à 4% d’alcool, avec une petite acidité, un goût salin tranquille, une effervescence légère et des parfums de céréales. Elle est si désaltérante, que ça fait d’elle une des rares bières que je préfère avoir en gros format (660 mL) qu’en plus petite quantité.

Pit Caribou – Gose IPA du Barachois

Cette bière va beaucoup plus dans les extrêmes que ses consœurs. Hybride entre l’IPA et la gose, Pit Caribou tente d’attirer les amateurs de houblons vers ce style acidulé. Cette bière va beaucoup plus avoir de saveurs que les bières discutées préalablement discutées. Avec énormément d’acidité, ainsi qu’une bonne amertume arrivant en finale, cette bière va définitivement défier nos notions que ce qu’est qu’une gose.

Plusieurs nouvelles goses arrivent sur le marché, défiant de plus en plus notre notion que ce qu’est une gose classique. Il sera intéressant de voir sir les goses suivront la même courbe que les berliner weisse ont subies, à savoir, une dénaturation du style, pour voir éclorent des bières vieillies en barriques, ajout de fruits, etc…

Cinq des plus belles terrasses de brasseries au Québec

C’est officiellement l’été, et l’été, c’est la saison officielle des terrasses. Y’a-t-il quelque chose de mieux, dans la vie, que de prendre une bière rafraichissante à l’extérieur, tranquillement, en observant les beaux paysages que nous offrent les microbrasseries québécoises? Potentiellement, oui, que dans l’absolu, il y a quelque chose de mieux, mais ce ne veut pas dire qu’on devrait se priver pour autant! Voici donc, pour votre plus grand plaisir, quelques suggestions des meilleures terasses qu’il m’ait été donné de visiter au Québec.

Tête d’Allumette

Bonne petite flight au bord du fleuve. On arrive Richibouctou…éventuellement!

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La terrasse de chez Tête d’Allumette fera écarquiller les yeux de tous les amateurs de vue sur le fleuve St-Laurent. Située dans la magnifique région de Kamouraska, pas très loin de Rivière-du-Loup, cette brasserie rustique a la particularité de brasser toutes ses bières avec un four à bois plutôt qu’un système électrique. Un décor époustouflant et une ambiance champêtre seront au rendez-vous.

Accord bière – terrasse conseillé : Blanche tête et les sept grains

La Brasserie Dunham

La municipalité de Dunham étant déjà dotée de paysages enchanteurs, la terrasse saura vous satisfaire en dose de soleil. Que vous veniez pour une simple pinte pour manger au restaurant de la brasserie, la Table fermière, vous serez certainement en mesure d’y trouver votre compte.

Accord bière – terrasse conseillé : Pale Ale Américaine

Benelux – Wellington

Cheers m8 🍻 #terraces #verdun #verdunluv

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Pas évident de trouver une belle petite terrasse tranquille, en plein cœur de Montréal! C’est pourtant ce qu’a réussi à accomplir le Benelux avec sa deuxième localisation, sur la rue Wellington. La succursale verdunoise réussi à combiner le pari d’avoir l’excellente bière réputée de la brasserie, l’ambiance chaleureuse qui faisait la renommée de son premier établissement, ainsi qu’une terrasse tranquille et paisible, et ce, en plein cœur de Montréal.

Accord bière – terrasse conseillé : Sabotage

Microbrasserie Charlevoix – Le Saint-Pub

🍻 #lesaintpub #microbrasserie #charlevoix #beer #summer2016 #red #roadtrip #quebec

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Ne serait-ce que pour profiter de l’ambiance mythique de la région de Charlevoix au moins une fois dans sa vie, aller au Saint-Pub est une obligation. Une immense terrasse, en plein cœur du centre-ville de Baie-Saint-Paul, pour profiter de son passage, c’est tout ce que le docteur demande!

Accord bière – terrasse conseillé : Dominus Vobiscum Saison

Ras L’Bock

Bière blanche à la framboise! #raslbockartisansbrasseur

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Je voulais choisir des brasseries de régions différentes, mais, pour les mêmes raisons que pour Tête d’Allumette, je me dois de citer la terrasse du Ras l’Bock, donnant à ses consommateurs un paysage unique, ainsi qu’une ambiance festive, deux incontournables pour profiter de son été! Si vous vous sentez vraiment d’attaque, pourquoi ne pas faire un combo Ras l’Bock-Tête d’Allumette?

Accord bière – terrasse conseillé : BivouaK’Alooza

Crédit Photo : La Presse

Mondial de la bière : où sont les microbrasseries?

C’est désormais juin, et qui dit début juin dit Mondial de la bière dans la métropole. À la fin mai, comme à son habitude, l’organisation a lancé sa programmation ainsi que sa liste de participants. Cette programmation a soulevé l’étonnement et la déception chez les purs et durs au Québec, ou à tout le moins, chez une partie de ceux-ci.  J’ai moi-même émis certaines réserves par le passé sur ce qui, à mon sens, manquait au Mondial pour être réellement d’intérêt. Les amateurs partagent en partie ma critique, en relevant notamment l’absence marquée de plusieurs des brasseries les plus reconnues au Québec, le système de vente par billets vétuste, ainsi que l’offre de bières internationales peu développée.

J’ai sondé quelques-unes des brasseries absentes du Mondial de la bièere, question de tâter leur pouls sur la situation et de mieux comprendre les raisons qui expliquent leur absence. J’ai recueilli, à cet effet, les propos de la Brasserie Dunham, Pit Caribou, MABRASSERIE, Sutton Broüerie, Le Castor ainsi que celles d’autres brasseries importantes au Québec qui ont souhaité garder l’anonymat. J’ai aussi contacté l’organisation de Mondial de la bière qui nous a partagé sa vision de la situation.

Des coûts trop importants et un retour mitigé

S’il y a une chose sur laquelle l’ensemble des brasseries québécoises sondées s’entendent, c’est que l’évènement est devenu difficile à justifier sur le plan monétaire. « Ça coute une fortune » indique même la Brasserie Dunham, qui a participé au Mondial de la bière par le passé, en parlant des frais d’exposants.  Pit Caribou, de son côté, est catégorique, et ne désire plus participer à un évènement qui, selon une autre source, prendrait jusqu’à 50% des recettes de ventes en bières des brasseries.

Une structure à l’efficacité questionnable?

En plus de prendre une part des ventes des brasseries en contrôlant le système de paiement par billets, l’organisation du Mondial de la bière est dénoncée pour son manque d’efficacité. À cet effet, une brasserie interrogée, ayant participé aux festivités par le passé, a dû attendre six mois avant de recevoir les recettes du festival. Pour des petites brasseries bien loin de rouler sur l’or et qui ont des comptes à payer, six mois peuvent être une éternité.

Un manque de ressource

D’autres, comme Le Castor, identifient le manque de ressources à l’interne pour expliquer leur absence. En effet, le Mondial de la Bière accueille un grand nombre de clients, et il est difficile pour une brasserie à effectif réduit de fournir un effort aussi intense en travail. Ce constat est partagé par d’autres brasseries comme Pit Caribou et MABRASSERIE, qui, pour cette raison, préfèrent participer à des évènements locaux de taille plus modeste, et de durée plus courte.

Le Mondial de la bière répond

Devant ces constats, j’ai interrogé l’organisation du Mondial de la bière, par l’entremise de sa responsable aux communications, Katia Bouchard, afin de recueillir leurs réactions face aux critiques qui leurs sont adressées. Tout d’abord, l’organisation tient à préciser que toutes les brasseries québécoises sont invitées au festival, mentionnant du même souffle que le nombre de brasseries de la province participant au festival est stable à un peu moins de quarante depuis 2014.

L’équipe du Mondial ne semble pas inquiète du fait que la proportion de brasseries québécoises présentes à l’évènement soit à la baisse à chaque année. En effet, bien que le nombre de brasseries de la province ait doublé depuis 2014, le nombre de brasseries québécoises présentes à l’évènement est demeuré stable depuis quatre ans. L’équipe organisatrice m’indique à cet effet que  « [C]ertaines brasseries ne reviennent jamais, tandis que d’autres reviennent aux deux ans… C’est pour cette raison que chaque année, toutes les brasseries du Québec sont invitées au festival ».

Concernant les coûts exorbitants dénoncés par les brasseries, l’organisation du Mondial de la bière indique qu’ils ont « toujours été   «conciliants»  et ce, particulièrement avec les petits joueurs. […] C’est pour cette raison que nous avons plusieurs tarifications adaptées pour elle ».

 L’organisation propose par exemple :

– un tarif pour les 700 hectolitres et moins;

– un tarif pour une première participation;

– un tarif bistrobrasserie;

– un tarif pour celles qui proviennent des régions;

– un tarif pour être présent dans le Bistro des Régions.

De plus, concernant les délais imposants de paiement fait aux brasseries par le passé, le Mondial de la bière indique que « des mesures ont été prises et nous faisons au mieux. Il ne faut pas oublier que nous sommes une petite équipe qui fait tout et s’il y a eu des retards par le passé, ce n’est certainement pas volontaire ».

Pour conclure, le festival désire rappeler que « c’est dispendieux d’organiser un festival de bières à Montréal et les commandites sont extrêmement difficiles à trouver parce que les entreprises sont très sollicitées. Mais c’est le prix à payer pour pouvoir faire des affaires dans la métropole… Nous ne prétendons pas que le Mondial de la bière est le bon outil de promotion pour toutes les brasseries et nous sommes tout à fait conscients que la formule que propose le festival ne peut pas plaire à tout le monde. Chacun est libre de choisir et de voir la situation à sa manière, selon sa stratégie d’affaires ou ses intérêts».

Au final, entre le modèle d’affaires à plus grand déploiement privilégié par le Mondial de la bière et les évènements plus locaux et à visée moins commerciale, ce sera aux amateurs de bières de choisir ce qui convient le mieux à leurs attentes et leurs goûts.

Crédit photo : Olivier Bourget

La bière du dimanche : Benelux – Hoptimus

Dans une ère où les nouveautés sont plus que fréquentes en boutique, et où les collaborations entre brasseries et autres organismes pour créer des bières exclusives sont devenus légions (telle que la Coule Pas Chez Nous, la série la Rimouskoise, et la Bourrasque, parmi tant d’autres), on voit de plus en plus de brasseries brasser des bières destinées à être vendues à un seul commerce, en exclusivité. C’est normal! Dans un petit milieu comme celui du Québec brassicole, des amitiés et des liens se créent fort rapidement entre les gens de l’industrie.

C’est dans cette optique qu’une nouvelle bière du Bénélux fut élaborée et distribuée en exclusivité pour la Maison des Bières. La brasserie a créé une nouvelle Double IPA, la Hoptimus, pour ce magasin spécialisé en bières du Plateau Mont-Royal, déjà un habitué des sorties de bières du Bénélux, de plus en plus fréquentes depuis la dernière année. Pour notre plus grand plaisir.

La dégustation

@beneluxmtl in on fire these days, with new bottles hitting stores every week!. This is Hoptimus, a Double IPA brewed in collaboration with Montreal’s @maisondesbieres_houseofbeers for their 4th anniversary. If you’d like to try one, you’ll need to buy it at their store as it’s the only place in town that’s carrying it. Hoptimus pours out a slightly hazy bright orange colour with a nice frothy head. The nose carries a bright mix of tropical delights, like Mango, zesty tangerine, and red grapefruit flesh. Like the nose, it’s exceptionally fruity on the palate, carrying loads of mango, melon, and bitter grapefruit. There is a slight floral character, with a certain grassy funk. The sweetness is well balanced against the pretty potent bitterness, however I do find It is a bit boozy considering the ABV. Overall though, this is a solid DIPA, reminiscent of the classics of this style. #dipa #benelux #hoptimum #montreal #quebecbeer #plateaumtl #beerism #hops

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De couleur plutôt ambrée et orangée, la bouteille de 660 mL déverse un liquide plutôt trouble, avec une bonne carbonatation. Au nez, la Hoptimus est plutôt classique du style, sans réellement de surprises, avec beaucoup d’agrumes, des pamplemousses et tangerines qui sont en avant-plan, laissant transparaître une bonne maîtrise du houblon par les brasseurs.

En bouche, on remarque d’abord et avant tout une grosse amertume qui cache mal une DIPA au goût surtout résineux et forestier en bouche. Les pamplemousses, ainsi qu’un certain sucre résiduel apparaissent en second lieu. Enfin, un goût plus malté et caramélisé vient s’ajouter au goût pour faire au final une Double IPA plutôt classique du style. Cette Hoptimus est beaucoup dans la mouvance west coast avec des bières plus amères et maltée, et peut-être un peu moins houblonnées. La bière ne surprendra pas personne par sa nature, mais est bien réalisée, et satisfera sans doute la soif des enthousiastes d’amertume, qui sont ô combien présents en Amérique du Nord.

3,6 / 5

Pour voir ma notation de la Hoptimus

Crédit photo : Ça Brasse

La bière du dimanche : Auval – Gaspésie Sauvage

J’essaie, la majorité du temps, de faire des critiques de bières qui sont généralement faciles à trouver sur les tablettes pour le consommateur moyen. Par contre, lorsque ma brasserie québécoise de l’année 2016 présente un tout nouveau produit, le premier depuis déjà quelque mois, c’est difficile de résister à l’envie d’en parler. Évidemment, c’est un produit difficile à obtenir : pas seulement qu’à Montréal, lorsque l’on apprend qu’Auval distribue, on court vers les magasins spécialisés s’en acheter au plus vite. C’est encore plus limité lorsque l’on apprend que la bière n’a même pas été distribuée à Montréal, et c’est donc par le marché secondaire des échanges que les fans de la brasserie gaspésienne de la métropole peuvent uniquement s’en procurer.

Fidèle à la manière Auval de faire découvrir les aliments du terroir local à travers ses bières, la Gaspésie Sauvage est une bière brassée en collaboration avec une entreprise gaspésienne du même nom. Il s’agit d’une bière fermentée en foudre de chêne, avec différentes plantes provenant de Gaspésie sauvage, notamment des aiguilles de pins ainsi que des racines d’angéliques, vieillie un an en bouteilles.

La dégustation

À l’œil, dès que l’on verse le liquide de la bouteille de 500 mL dans un verre, on découvre une bière bien blonde et effervescente, presque dénuée complètement de carbonatation. Le nez de la Gaspésie Sauvage, quant à lui, est assez expressif. On découvre tout de suite les levures sauvages ainsi qu’un aspect plus vinaigré qui nous rappelle le vin rouge, probablement un signe bien apparent de la fermentation en foudres.

En bouche, c’est assez complexe dès le début de la dégustation. Ce que l’on remarque en premier de cette Gaspésie Sauvage c’est l’effervescence importante, que l’on voyait déjà à l’œil. Ensuite, les levures sauvages bien présentes au nez, le sont également, peut-être un peu moins par contre qu’une certaine acidité très remarquable en bouche. Derrière ces saveurs plutôt imposantes, on retrouve une certaine amertume résineuse, que l’on associe aux produits du terroir gaspésien ajoutés après le brassage. La finale est plus sèche et rappelle un peu le vin rouge.

Au final, on parle d’une bière surette fort complexe, ou les levures sauvages rappellent beaucoup la signature de la brasserie de Val d’Espoir. Malgré la profondeur des saveurs, on apprécie beaucoup l’équilibre des saveurs.

4,1 / 5

Pour voir ma notation de la Gaspésie Sauvage

Quatre bières pour les amateurs d’érable

Mai se pointe à l’horizon, la neige a finit de tomber, et les cabanes à sucre sont maintenant à l’étape des bilans de saison. Qu’à cela ne tienne, il n’y a pas qu’aux cabanes à sucre que l’on peut se permettre de profiter du sirop d’érable qui fait tant la renommée du Québec! Plusieurs brasseries québécoises tentent et ont tentés d’expérimenter avec le sirop d’érable dans leurs brassins, faisant parfois de petits bijoux. Cet article a donc pour but de parler de ces bières au goût distinctif qui pourraient d’ailleurs se multiplier dans les prochaines années.

De manière plus générale, on retrouve du sirop d’érable ajouté dans des bières typiquement plus forte en alcool et plus foncées. Le sirop d’érable étant hautement sucré, le sucre se transformant en alcool lors de la fermentation, il est donc normal que l’on retrouve des bières d’érable plus alcoolisées que ce qu’on pourrait s’attendre d’une bière « ordinaire ». Il sera intéressant de voir dans les prochaines années si le sirop d’érable ne restera pas l’exclusivité du monde des bières plus foncées pour aller vers des styles moins orthodoxes.

La classique

Dieu du Ciel! – Équinoxe du Printemps, Scotch Ale

Peut-être la bière à l’érable la plus connue au Québec, ce classique de la brasserie de la rue Laurier se distingue pour sa buvabilité malgré un taux d’alcool élevé à plus de 9%. Il s’agit d’une bière brune, sucrée (évidemment), avec des notes maltées de caramel et d’érables, proposant un corps bien appréciable. Brassée une fois l’an par Dieu du Ciel, on peut typiquement la voir apparaître pour l’arrivée du printemps, au début du mois de Mars. Fait à noter, la bière dispose également de versions vieillies en fûts de bourbon et de Cognac, proposant des saveurs encore plus boisées.

La décadente

#mabrasserie #stoutimperial #bieredefeu

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MABRASSERIE – Tribale Stout Impérial (whisky)

Bière de célébration brassée pour la période des fêtes de 2016, ce stout impérial tout droit sortie des barriques de whisky de MABRASSERIE comporte également une belle dose de sirop d’érable. La résultante est une bière sucrée et chocolatée ou le sirop d’érable et le cacao coexiste avec beaucoup de panache. Un corps lourd que l’on associe à une forte dose d’alcool et qui donne au final une bière fort facile à voir pour un stout impérial, bon avec tout dessert.

La petite nouvelle

Before leaving the city once my second child was born, we lived all over the southwest of Montreal. Of all the places we lived, I think my favourite borough was Verdun. And, right after we left, @beneluxmtl opened up, then @maltehops opened! I now live bitterly far from these spots, but whenever visiting friends, I try to pop into Maltéhops and talk to owner Patrick – or @lebeerjedi himself, Guillaume. That’s why I was particularly excited to see that these two places teamed up to create a their take on a Scotch Ale; aptly named Maltéhops! Nose is is a caramel bomb, with some complimentary musty yeast, light smokey malts, and some rich dried fruits. The palate carries huge taffy and caramel, with cherries, cooked apples, plums and toasted nuts. The body is massive, holding a creamy mouthfeel. It’s almost cloyingly sweet, but the amped up bitterness keeps it in check; it’s somehow extremely drinkable. Another bottle needs to go into the cellar to see what this is like in a year. I loved this beer. Go buy some at Maltéhops! #benelux #verdunluv #maltehops #maltéhops #verdun #scotchale #montreal #tentacles #beerism #craftbeer

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Benelux – Maltéhops 2, English Strong Ale

Les habitants de l’arrondissement Verdun avaient raisons de célébrer l’arrivée du printemps 2017 puisque c’était également synonyme d’une nouvelle sortie de bouteille du Benelux. Je n’ai jamais cacher mon amour assez singulier pour la brasserie originalement uniquement située sur la rue Sherbrooke, qui s’est par la suite installée également sur la rue Wellington avec l’ouverture de son deuxième lieu de brassage. Brassée à la base en exclusivité pour le dépanneur spécialisé Maltéhops, cet assemblage d’une Old Ale et de Grande Armada Réserve 10e anniversaire, infusée de sirop d’érable est le pairing parfait pour un déjeuner aux crêpes. Peut-être la bière de la liste où l’on goûte le plus l’érable, cette bière est parfaite pour amener avec soi à la cabane à sucre en deux bouchées de tire.

La réservée

Gâteau choco sans farine avec ganache choco blanc accompagné d’une Brune Alpine version temps des sucres.

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Sutton Brouerie – Brune Alpine Bourbon, Brown Ale

Peut-être un peu plus sur le bourbon que sur l’érable, cette déclinaison de la Brune Alpine distribuée ce printemps de manière limitée par Sutton est plus équilibrée, avec un érable moins présent. La résultante est une bière ou le goût d’alcool est plus présent, et également une présence boisée plus grande que la moyenne.

Crédit photo : Journal de Montréal

La bière du dimanche : Memphré – Bourrasque

La microbrasserie Memphré commence à prendre beaucoup d’ascendant dans la scène brassicole québécoise. Celle qui n’embouteillait pas ou presque pas de bouteilles il y a un an a peine a distribué plusieurs bières de belle qualité depuis le quatre derniers mois.  Avec des bières de styles très varié telle que la Ralph Merry 2016 (Scotch Ale), Cherry River (Schwarzbier), Lixiviat (Saison), ou la Double Menton (Double IPA), la brasserie a bien réussi à attaquer plusieurs styles connus et moins connus.

Aujourd’hui on évalue la Bourrasque, une Black IPA récemment distribuée par la brasserie. Cette bière a été lancée pour célébrer les 15 ans d’existence du mythique Bières Dépôt au Vent du Nord, à Sherbrooke, situé non loin de la brasserie de Magog. La bière titre à 4% d’alcool, ce qui fait donc de cette Bourrasque presque une session Black IPA, ce qui risque d’être intéressant à analyser.

La dégustation

Storm of the day ! #ventdunord #bourrasque

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La bouteille de 500 mL déverse un liquide noir et opaque, qui présente également une belle mousse blanche et épaisse, digne d’un beau stout. Le nez est effectivement classique des beaux exemples de Black IPAs, avec des agrumes indiquant une bonne dose de houblons utilisés lors du brassage, mais également un côté torréfié, pain grillé, qui vient nous rappeler que cette Bourrasque n’est pas une IPA ordinaire.

En bouche, on remarque en premier lieu l’amertume du liquide. Le grain torréfié, tel un bon moka, est également facilement trouvable en bouche, si bien qu’on se retrouve avec une bière déjà plutôt complexe dès la première gorgées. On retrouve avec les gorgées suivantes un peu d’agrumes, faisant un trio assez explosif au niveau des saveurs. Propulsé par le faible taux d’alcool (4%), cette Bourrasque est plutôt agréable à boire, et les gorgées s’enfilent à bonne vitesse.

Au final, le Vent du Nord risque d’être bien content de cette réussite, puisque la Bourrasque est tout ce que je demande d’une Black IPA bien exécutée : un équilibre entre le côté torréfié et l’amertume, avec un beau degré de buvabilité.

3,7 / 5

Pour voir ma notation de la Bourrasque

Crédit photo : Beerism

La bière du dimanche : Coule Pas Chez Nous!

Je ne suis pas le plus grand fan des grosses collaborations, avec beaucoup de brasseries, parce que ça me semble souvent être plus des coups de publicités que de reels essais à créer quelque chose de d’original, de nouveau. Cela dit, lorsque plus d’une dizaine de brasseries se réunissent avec l’intention de créer quelque chose dans le but de conscientiser la population à grande échelle, je me dis que ça risque, à tout le moins, d’être assez bien fait pour attirer le consommateur de bière moyen.

C’est dans cette optique que la fondation Coule Pas Chez Nous! ainsi qu’une dizaine de brasseries, incluant MABRASSERIE, Oshlag, Ras l’bock et plusieurs autres brasseries québécoises également, se sont unis pour brasser une Session IPA. La particularité de cette bière est que les ingrédients sont 100% québécois, signifiant que je ne m’attend pas nécessairement à une bière haute en couleur, donc un peu plus classique.

La dégustation

La bouteille de 500mL présente une apparence tout ce qu’il y a de plus classique pour le style : une couleur blonde paille, un gros collet de carbonatation, et une bonne effervescence apparente. Au nez, je suis relativement surpris du houblon québécois, qui donne tout de même un bon arôme de citrons au liquide, ce que j’apprécie beaucoup.

En bouche, c’est à peu près similaire avec ce que j’ai pu sentir au nez, avec un bon gout d’agrumes et un citron franchement très apparent. L’amertume est retenue, ce que je trouve presque essentiel chez une session, ce qui donne au final une bière qui est somme toute plutôt facile à boire – et c’est ce que l’on veut pour ce style. J’ai l’impression de boire un bon liquide qui a une certaine impression de fraicheur, ce qui est très appréciable.

Au final, on se retrouve avec en main une bière agréable, facile à boire, qui va sans doute être appréciée des consommateurs de bières plus occasionnels. Et c’est tout ce que l’on demande d’une Session IPA. La Coule Pas Chez Nous! Sera réellement un charme à boire lors des températures plus chaudes des mois d’été.

3,8 / 5

Pour voir ma notation de la Coule Pas Chez Nous!

Crédit photo : L’avantage

Exercice de style : la Triple du Nouveau Monde (partie 2)

Après avoir parlé la semaine dernière des Triples dans leur version classique, je m’attaque aux Triples du nouveau monde. Au risque de me répéter, on a encore une fois de la chance au Québec dans ce sous-genre, avec plusieurs bières brassées içi qui sont de calibre international. Étant donné qu’il s’agit encore d’un style plutôt jeune, il n’y a pas encore réellement de grands classiques du style s’étant illustré à l’international, mais parions qu’à travers le temps, plusieurs classiques devraient émerger de ce rapprochement entre la triple standard et la Double IPA.

Le style

Essentiellement née d’une fusion entre le style classique de la belge triple, très axée sur une levure belge sucrée et épicée, et d’une volonté d’y ajouter une pointe d’amertume, la Triple du nouveau monde se trouve entre la levure belge et le houblon, pour créer une sorte d’assemblage entre une Triple et la Double IPA. Une vraie bonne Triple version nouveau monde saura se démarquer par l’équilibre des saveurs entre ces deux aspects de son goût.

La dégustation

C’est difficile avec ce style de faire une dégustation avec énormément de produits, pour deux raisons précises. En premier lieu, le style est encore assez jeune, et peu de bières se démarquant du lot ont vu le jour au Québec. En second lieu, le houblon utilisé dans la bière oblige les amateurs à boire la bière rapidement, signifiant que pour une dégustation, les bières doivent toute être rapidement consommées pour avoir une vue d’ensemble de la situation honnête. En janvier dernier, une fenêtre d’opportunité s’est ouverte, alors que trois excellentes triples du genre ont été distribuées durant ce mois.

Dunham – Triple XXX

Déjà au nez, le houblon démontre toute sa puissance en offrant beaucoup d’agrumes en arôme, avec également une levure belge sucrée qui fait sa marque. Ces mêmes levures prendront le dessus en bouche, donnant un aspect très frais, voir mentholé à cette triple. Une petite amertume provenant du houblon vient conclure cette bière, qui est somme toute fort bien calibrée.

Vox Populi – Anna

De sa couleur plutôt ambrée, le nez est plus près d’une Double IPA que d’une triple avec beaucoup d’agrumes et de mangues que lui procure le houblon citra dryhoppé par les brasseurs. En bouche cependant, on se rapproche beaucoup plus de la triple classique, avec les levures qui prennent de loin l’ascendant. Plutôt sucrée même pour le style, on déplore peut-être un tout petit peu le manque de houblon en bouche.

Dieu du Ciel! – Herbe à Détourne

Peut-être la plus connue des trois, certainement l’une des bières les plus parlées du répertoire de Dieu du Ciel!, l’Herbe à Détourne est sans doute celle qui a le moins gros arôme d’agrumes ou de houblon, pour faire parler un peu plus la levure belge. En bouche, c’est plutôt caramélisé, avec une impression sucrée. Les levures et le houblons sont difficile à trouver, laissant entrevoir une bière plus maltée que les autres bières dégustées aujourd’hui. La bière est la plus en retenue des trois.

Le Verdict

L’équilibre de la Triple XXX est définitivement ce qui la démarque des autres bières. Une belle levure de triple qui s’allie bien avec un houblon savamment utilisé confère aux brasseurs de Dunham la palme de ma triple préférée parmi les trois.